Certains animaux sont plus bruyants que d’autres. La grenouille, si petite soit-elle, peut émettre un cri audible à 1 km à la ronde. Et c’est bien une espèce d’entre elle que l’on entend en concert la nuit en Guadeloupe. Laquelle ? Découvrez-le dans cet article.
Quels sont les amphibiens présents en Guadeloupe ?
Il existe 7 espèces d’amphibiens en Guadeloupe.
Un animal strictement protégé par la loi
La grenouille est un animal sauvage strictement protégé par la loi. Il est interdit de perturber ou de détruire les amphibiens, et de détériorer leur habitat. Selon l’arrêté ministériel du 19 novembre 2007, de telles actions vous exposent à des sanctions jusqu’à une amende de 15 000 € et une peine de six mois de prison.
Les 4 espèces introduites et invasives
L’Hylode de Johnstone (Eleutherodactylus johnstonei ) – 3 cm
Introduit dans les années 60 et en extension dans toutes les Petites Antilles.
La Rainette X-signée (Scinax x-signatus) – 5,5 cm
Introduite dernièrement, probablement de la Guyane, en Grande-Terre où elle est en pleine expansion.
La Rainette de Cuba (Osteopilus septentrionalis) – 11,5 cm
Introduite à Saint-Martin puis à Saint-Barthélemy dans les années 90 avec des plantes en provenance de Floride.
Le Crapaud buffle (Bufo marinus)
Introduit volontairement au 19ème siècle pour lutter contre les insectes ravageurs de la canne.
Les 3 espèces indigènes ou natives
L’Hylode de Barlagne (Eleutherodactylus barlagnei) endémique de la Basse-Terre
Cette petite grenouille de 2,3 à 3,2 cm de couleur foncée posséde une palmure interdigitée. Insectivore, on la trouve sur les berges et sous les « pierres perfusées. Elle est classée espèce en danger de disparition par l’UICN, menacée par la pollution, en particulier, des rivières.
L’Hylode de Pinchon (Eleutherodactylus pinchoni) endémique de la Basse-Terre
Cette petite grenouille de 2,2 à 3,2 cm de couleur foncée avec des marques oranges aux aines est insectivore. Elle affectionne la fraîcheur et l’humidité et vit en forêt et dans les savanes d’altitude à broméliacées entre 180 à 1 250 m d’altitude. Elle est classée « espèce en danger » par l’UICN.
L’Hylode de la Martinique (Eleutherodactylus martinicensis) endémique de Martinique, Dominique et Guadeloupe
Cette grenouille de grande taille, de 3,2 à 4,7 cm, à tête large, possède de longues pattes munies de grands disques digitaux qui lui permettent de vivre dans les arbres. Sa longévité qui peut atteindre 7 ans est remarquable pour une si petite créature.
On la retrouve du niveau de la mer jusqu’au sommet de Soufrière. Elle habite toutes sortes de forêts ou des habitats artificiels tels les jardins, champs et serres. On peut aussi la retrouver à l’intérieur des maisons, dans les cuisines ou les salles de bains où elle chasse activement différents insectes dont les moustiques !
L’Hylode de la Martinique est classée « espèce menacée » par l’UICN. Hormis ses prédateurs naturels (Couresse, anoli, thécadactyle, merle, héron garde-bœuf, pic de Guadeloupe, scolopendre), elle est menacée par les déboisements, la pollution, l’usage effréné des pesticides (les amphibiens ont une respiration cutanée qui les rend très vulnérables aux divers polluants de l’environnement) et l’expansion de l’espèce introduite et invasive la Rainette x-signée.
Quelle grenouille remplit nos nuits antillaises ?
La grenouille coasse
La grenouille, tout comme le crapaud, coasse. Son chant s’apparente à un cri guttural ressemblant au son « coax coax ».
Toutes les grenouilles n’ont pas le même cri. Une oreille initiée saura même différencier les espèces uniquement à leur chant. Les plus bruyantes sont les grenouilles vertes, les rainettes et le crapaud calamite.
Le système de communication des grenouilles est très élaboré. Elles sont capables de moduler leur cri en fonction des circonstances.
Pourquoi la grenouille chante-t-elle ?
Les grenouilles chantent lors de la période de reproduction ou si elles sentent menacées :
– son rauque lorsque tout va bien,
– appels plus brefs pour signifier leur présence,
– « ricanement » agressif pour avertir les autres mâles qu’ils empiètent sur un territoire.
Mâles et femelles se rassemblent autour des mares et la phase de séduction commence. Les mâles dilatent leur sacs vocaux pour appeler les femelles et marquer leur territoire. La femelle stimulée par le mâle et la puissance du cri du mâle, pond ses oeufs sur lesquels le mâle va ensuite déposer sa semence. Il s’agit donc d’une fécondation externe.
Ici, en Guadeloupe, ce sont les mâles L’Hylode de la Martinique que l’on entend. Ils chantent la nuit ou le jour par temps de pluie : une série de notes puis deux notes, une courte suivie d’une seconde note plus longue, de plus en plus aigüe.
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